Richard WERY, côté Nounours et côté… tank
Au New-York Café, la journée terminée, les habitués viennent épancher leur soif et… s’épancher sur le comptoir.
« Save the liberty » qu’il est dit tout là-haut sur l’enseigne.
Poussée la porte, on change de monde. Le Texas, l’Arizona, le Grand Canyon qui s’affichent aux murs, la statue de la Liberté qui vous regarde de haut…
Bienvenue au « New-York Café » ; welcome to Richard WERY. « Richie » pour les intimes.
C’est une figure de Huningue. Les pieds enracinés dans la cité Vauban – comme pilier de la vie associative dont 28 ans au judo club – mais la tête dans les étoiles… des States évidemment.
« J’aime tout. Même leur hamburger ! »
« Ce qui me plaît aux États-Unis ? D’abord l’immensité. Et puis la culture, oui, tout ce bling bling. J’ai été en admiration, une âme d’enfant, devant Las Vegas. Ces lumières… C’est géant ! J’aime tout chez eux : leur sport, le football américain, le base-ball… Même leur nourriture, leur hamburger. »
Richie a déjà été trois fois aux USA : la Californie, la Floride, mais non, jamais New-York !
Alors… son New-York Café qu’il exploite avec Yannick Schoffmann, et qu’il allume jusque tard dans la nuit. Le bar, c’est son univers depuis, depuis… allez savoir ? À 10 ans déjà, il aidait Bernard, son père, à la Piste du Rhin à Village-Neuf. « J’ai commencé réellement à l’âge de 16 ans. J’aime le contact. J’en suis à servir la troisième génération ; les enfants des enfants des clients de mon père. Mais en fait, je suis diplômé d’État de judo et de sambo ; c’est ça mon vrai métier. »
« Leurs peines de cœur, leurs soucis au travail. »
Il y a du Dr Jekyll et Mr Hyde, chez Richie.
Derrière son bar, un côté « nounours » comme il dit qui porterait aux épanchements. « Les clients me confient leurs petites misères, leurs soucis au travail, déboires sentimentaux et autres peines de cœur… » Et à l’écouter il serait plus qu’un confident. « C’est vrai. Il m’arrive de jouer les entremetteurs. Untel me dit que celle-ci ou celui-là lui plaît bien et je le mets en relation. Plusieurs couples se sont ainsi formés. Dont deux qui durent depuis plus de vingt ans maintenant. »
Mais faut se méfier de ce « Nounours ». Il a de gros « câlins » qui peuvent laisser des traces. Car, que Richie, torse nu, exhibe ses tatouages guerriers, entre dans la cage pour combattre pieds et poings en avant et… God save ma peau ! « On m’appelle le tank » précise-t-il avec le sourire. Et au free-fight, sa passion, c’est jusqu’au KO ou à l’abandon de l’adversaire. Et à bien regarder ce nounours-là, ancien champion de sambo (lutte et judo) et de jujitsu brésilien (combat au sol), on est en droit d’abandonner sans combattre. Save my liberty. À moins de prendre des cours dans son club, le « Wery fighting academy », qu’il anime à Rosenau et où 40 adultes et 23 jeunes apprennent à jouer les méchants plantigrades.
« La Route 66, en Harley Davidson : le trip ! »
Et il arrive que la bagarre éclate au New-York Café. Mais c’est sur écran géant. Pour un match de catch. « C’est un beau spectacle, une réelle performance, même si c’est arrangé. »
Dans son bar, fréquenté par des habitués de tous âges, Richie joue le jeu animation locale : des concerts, des soirées DJ ou à thèmes qui réunissent une centaine de personnes. « Pour notre premier anniversaire, ils étaient 220 à suivre le concert de Dr Boost. On avait enlevé les tables et aligné des bancs pour caser tout ce monde. »
Richie a un rêve : « l’an prochain, pour mes 40 ans, sillonner la mythique Route 66. » Comme Johnny mais avec Marielle, sa compagne. « Et en Harley Davidson. Le trip ! »
À Huningue, il n’a qu’une… « simili Harley », comme il dit.
Jean-Louis Mossière