Johny BRANCHERIE : j’aime bien les anecdotes (photo a refaire)

« Lors de la reddition de la place de Huningue, le général-je-ne-sais-plus-son-nom avait fait semblant d’être blessé à la jambe pour cacher une épée. » Pour Johny, ce sont « les petits détails qui rendent l’histoire intéressante ».
« Et non seulement le maire de Huningue a fait sauter le monument Abbatucci mais, en plus, il a joué ensuite les corbeaux pour dénoncer un innocent et brouiller les pistes. »
Ainsi donc, un premier magistrat de la cité Vauban, antimilitariste et plastiqueur de monuments publics ! On comprend que les manuels scolaires aient préféré cacher ce mauvais fait divers qui fait injure aux grands défenseurs de la place.
Reste que Johny, lui, connaît bien cette page d’histoire. Et pour cause ! C’est lui qui l’a écrite ! C’est vrai : il n’était pas seul dans cette entreprise de sabotage de la glorieuse image de Huningue. On peut déjà dénoncer l’actuel adjoint au maire Martin Welté comme principal instigateur.
« C’était en primaire, avoue Johny. Le devoir d’un livre sur Huningue. » Et sous la torture vraisemblablement d’une bonne note, et avec pour alibi aussi celui de se documenter, l’obligation d’inventer une histoire.
« On n’a pas été inquiété. Comme on n’a pas cité de noms et pas précisé la période, il n’y a pas eu de problème. » Et il y a prescription aujourd’hui.
Aux cours de l’instit Martin, Johny aura ainsi appris qu’il y avait l’histoire avec un grand H – pas toujours marrante – et les petites histoires, les vraies, les rigolotes et celles encore que l’on arrange pour faire plus beau. Il a déjà tout compris de la politique, Johny.
« J’aime bien les anecdotes. Les petits détails m’aident à me rappeler l’événement et rendent l’histoire plus intéressante. L’histoire de l’épée m’avait beaucoup plu. Lors de la reddition de la place de Huningue, le général-je-ne-sais-plus-son-nom avait fait semblant d’être blessé à la jambe pour cacher une épée. »
Mais n’allez pas croire pour autant que Johny traite la grande histoire par-dessous la jambe.
Du passé de sa cité, Johny, 14 ans, sait que c’est Vauban qui a construit la forteresse
« sous la forme d’une étoile », que les habitants résidant à l’emplacement des remparts ont connu eux aussi les joies de la délocalisation et ont créé le Village-Neuf du Grand Huningue, que les Suisses lors d’un siège n’ont pas été blanc-blanc question neutralité en laissant passer les troupes ennemies… Et ça, c’est pas beau !
Et puis notre collégien a ses centres d’intérêt. « Avec une classe, en primaire, on a visité le musée de Huningue. J’ai bien aimé la salle des armes. Pas que j’aime la bagarre mais je m’intéresse à l’évolution dans l’équipement. Les fusils puis les baïonnettes que l’on a rajoutées au bout des canons… Maintenant, il n’y a plus de corps à corps. On appuie sur un bouton, on envoie des missiles, et puis… Ça se passe comme ça aujourd’hui. »
Cette année au collège, il planche sur la Révolution. Et s’il aime bien l’objectif affiché (« cette belle idée de remettre tout le monde sur le même plan »), il met un carton rouge à Robespierre : « je pense qu’il y a d’autres manières de régler les problèmes que la guillotine ».
Reste que Johny le pacifique aimerait bien couper au plus court, sabrer dans le programme scolaire pour attaquer les grandes guerres et le XXe siècle, sa période préférée.
« Il y a plein de questions que je me pose. Comment tout ça s’est déroulé ? Comment et pourquoi tout a commencé ? Ce qu’il faut faire pour ne pas recommencer ? »
Allez, ta plus belle histoire pour finir Johny ?
« C’était lors du match de rugby contre Pont-à-Mousson. On rentre en mêlée. Je talonne la balle pour mon capitaine qui la prend et part en percussion… Il s’est retrouvé direct étendu raide : avec un bel œuf de pigeon sur un œil qui n’y voyait plus rien. C’était assez drôle et on a bien rigolé. »
Le rugby, qu’il pratique avec la sélection Sud Alsace, c’est tout une histoire pour Johny qui rêve d’être prof de sport.
Et l’équipe de France, une autre histoire encore. « Elle a un gros potentiel au niveau des individus mais il faut leur laisser le temps de trouver leurs automatismes. Et les faire jouer à leur bon poste. Mettre Chabal en deuxième ligne ou un centre à l’ouverture n’est pas forcément le bon choix. »
Va falloir penser à présent, Johny, à faire sauter la statue du sélectionneur !