Biodiversité, faisons lui une fleur !

Atlas de la Biodiversité Communale

Pour répondre à la loi biodiversité, la France s’est engagée dans une stratégie nationale biodiversité 2030 visant à lutter contre le déclin de la biodiversité en réduisant la pression qu’elle subit, en protégeant et restaurant les écosystèmes et les paysages ainsi qu’en suscitant des changements en profondeur

La Ville de Huningue est pleinement investie dans la protection de la biodiversité et de la nature en ville en  menant un certain nombre de projets : diagnostic écologique de la LPO  , participation à l’étude intercommunale Trame verte et bleue, schéma directeur des espaces verts, renaturation écologique en berge du Rhin… Elle s’est par ailleurs engagée dans un Atlas de la Biodiversité Communale (ABC), inventaire de la faune et de la flore dans notre commune.

L’ABC permettra d’acquérir et de partager une meilleure connaissance de la biodiversité du territoire. Elle constituera aussi une aide à la décision pour mieux préserver et valoriser le patrimoine naturel et sensibiliser les habitants à la nécessaire prise en compte de ces enjeux.

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Devenez une famille engagée pour la biodiversité

La démarche s’articule en 3 phases, jusqu’en 2028

1. Réalisation d’inventaires faune/flore

Pour ces inventaires, la Ville s’est associée avec des associations naturalistes dans les différents domaines de compétences, pilotées par le Réseau Odonat-Grandest – Office des données naturalistes du Grand Est :

– LPO Alsace : elle réalisera les inventaires des oiseaux nicheurs, des hirondelles et martinets, et coordonnera le grand comptage annuel des oiseaux des mangeoires.
– GEPMA – Groupe d’Étude et de Protection des Mammifères d’Alsace : il réalisera des inventaires chauves-souris et petits mammifères, avec un focus sur le blaireau. Des appels à signalements seront régulièrement lancé auprès de la population.
– BUFO – Association pour l’étude et la protection des Amphibiens et Reptiles d’Alsace : elle réalisera des inventaires des amphibien et des reptiles.
– Conservatoire botanique d’Alsace Lorraine : cet organisme public réaliser des inventaire flore (flore générale), des inventaires approfondis dans les parcs urbains, un recensement précis des espèces patrimoniales.

À l’issue de ces inventaires, les données scientifiques seront intégrées dans des bases de données nationales et traduites sous forme de cartographie et de fiches actions.

2. Mobilisation du public

Le projet doit mobiliser le public pour le sensibiliser, le faire participer et l’engager dans la protection de l’environnement.

    • Fête de la Nature : un événement grand public généralement organisée fin mai. Le 23 mai 2026, il y avait 2 animations : une balade urbaine animée par la Petite Camargue Alsacienne tandis que des stands associatifs proposaient des animations sur Parc des eaux vives.
    • Familles engagées pour la biodiversité : une dizaine de familles seront accompagnées par la Petite Camargue Alsacienne sur l’année scolaire 2026/2027 pour découvrir et protéger la biodiversité de leur jardin ou balcon.
    • Projets d’école : sur une année scolaire, des classes sont engagées dans un programme pour découvrir la nature.
      2025
      – École élémentaire Marcel Pagnol : 2 classes de CM2 ont construit des nichoirs et des mangeoires pour les oiseaux en hiver
      2025-2026
      – École maternelle Les Coccinelles : projet « Arbres »
      – École maternelle Les Pâquerettes : projet « petites bêtes »
      La Petite Camargue Alsacienne les a accompagnées toute l’année avec plusieurs animations et sorties dans la réserve.

3. Intégration des enjeux de biodiversité dans les documents d’urbanisme

Au terme de ces inventaires, la Ville modifiera son Plan Local d’Urbanisme (PLU) pour y intégrer ces enjeux. Il est prévu de créer une orientation d’aménagement et de programmation (OAP) spécifique à la trame verte et bleue et d’augmenter les surfaces des zones naturelles sur notre territoire.

Label Refuges LPO

Depuis longtemps considérée par la Ville comme un atout pour notre territoire urbain, la démarche de préservation de la biodiversité a été consolidée en 2021 par son adhésion à la charte du label Refuges LPO.

Ce partenariat avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux vise à favoriser davantage encore l’installation de la faune et de la flore sauvages à Huningue alors que de grands pas ont déjà été faits en la matière, d’abord avec le renoncement il y a plusieurs années des produits phytosanitaires chimiques, ensuite grâce à un plan pérenne de renaturation.

L’action de la LPO a débuté par un diagnostic écologique : 11 sites ont été visités au printemps 2022, représentant environ 12 ha, soit 4 % de notre territoire.

Points forts

  • De nombreux espaces de verdure en dents creuses.
  • Le Rhin riverain : il ramène beaucoup de nourriture et de quiétude pour la faune des zones humides.
  • Le canal de Huningue et le Parc des eaux vives : un corridor écologique efficace qui s’étend sur plus de 2 km et 6,5 ha.
  • Un espace de tranquillité et un écrin sauvage en marge d’une agglomération assez dense.

Points faibles

  • Encore trop peu d’espaces verts non accessibles aux activités humaines.
  • Dépôts sauvages de déchets sur certains sites, en particulier celui du Jodersloch

Évaluation écologique et potentialités

Continuité écologique remarquable, le Rhin et le canal de Huningue sont un atout premier pour le développement de la biodiversité à Huningue :
la diversité d’habitats que l’on y rencontre influe même bien au-delà de notre territoire.

La trame bleue huninguoise pourrait devenir un sanctuaire pour des espèces menacées en Alsace, notamment le castor d’Eurasie ou le harle bièvre.

La présence ici ou là de dents creuses pâturées ou encore d’espaces plus sauvages, tels le Jodersloch et le verger hautes-tiges, renforce l’attractivité de notre cité pour la biodiversité. L’alternance d’espaces verts entretenus de façon douce et accessibles à tous, avec des zones peu ou pas accessibles au public, en favorise par ailleurs grandement le développement. Des espèces patrimoniales ou en mauvais état de conservation comme le chardonneret élégant, le milan noir, le milan royal, le serin cini ou encore le verdier d’Europe y trouveront probablement refuge sous condition d’aménagements propices.

La faune sous la loupe

Oiseaux

Sur les 11 sites, une cinquantaine d’espèces ont été repérées sur 80 potentiellement présentes. Figurent parmi les oiseaux nicheurs recensés :
– 8 espèces protégées : bergeronnette des ruisseaux, choucas des tours, cygne tuberculé, fauvette à tête noire, mésange bleue, mésange charbonnière, moineau domestique et rougequeue noir ;
– 3 espèces susceptibles d’occasionner des dégâts : étourneau sansonnet, corbeau freux et corneille noire ;
– 1 espèce invasive : l’ouette d’Égypte d’origine férale, c’est-à-dire issue d’animaux domestiques retournés à la vie sauvage.

Mammifères

Seules 2 espèces protégées au niveau national y ont été observées : l’écureuil roux et le hérisson d’Europe.

Amphibiens et reptiles

Aucun amphibien repéré mais quasiment partout le lézard des murailles, une espèce protégée tant au niveau national que de l’Union européenne.

Poissons

La chevaine, petit poisson appréciant le courant des eaux claires et fraîches, a été observée dans les sources phréatiques cristallines du Jodersloch.

Espèces exotiques et envahissantes
Reconnues comme l’une des 5 causes majeures d’érosion de la biodiversité, les EEE désignent certains animaux ou végétaux dont l’introduction par l’Homme, volontaire ou fortuite, sur un territoire représente une menace pour les écosystèmes. Elles constituent non seulement une menace pour environ un tiers des espèces terrestres et contribuent à 60% des extinctions connues à l’échelle mondiale mais peuvent aussi capter une part trop importante des ressources dont les espèces locales ont besoin pour survivre, modifier les milieux naturels voire être prédatrices des espèces indigènes. Par exemple, les ouettes d’Égypte attaquent et chassent les cygnes et les canards du canal de Huningue.

Les préconisations en 7 fiches-actions

  1. Création de bandes refuges pour la petite faune
  2. Optimisation de l’éco-pâturage
  3. Plantations complémentaires de ligneux locaux
  4. Conservation d’arbres vieillissants sans danger
  5. Aide à la prédation naturelle des rongeurs et taupes
  6. Installation de panneaux explicatifs complémentaires
  7. Installation de nichoirs spéciaux

Fleurir autrement

La Ville de Huningue privilégie depuis des années un fleurissement de la cité en accord avec la préservation de la biodiversité.

Un soin tout particulier est ainsi accordé par les jardiniers municipaux au paillage végétal des plantations (broyats de bois, chanvre ou cosses de sarrasin) devenu la règle. Les bégonias se font rares, remplacés par des vivaces, des plantes à bulbes et des graminées, toutes pluriannuelles et nécessitant moins d’entretien. Les bacs et les jardinières tendent à disparaître au profit de plantations en pleine terre. Ces techniques, souvent conjuguées, permettent de conserver une hygrométrie optimale pour des plantes sélectionnées pour être les moins gourmandes en eau. Enfin, chaque carré de verdure fait dorénavant l’objet d’une gestion différenciée qui consiste à adapter l’entretien selon la vocation et l’utilisation de l’espace. Des prairies fleuries sont ainsi apparues ici ou là au fil des saisons.

Fleurir autrement, c’est aussi avoir un autre regard sur notre ville qui prend parfois des allures de campagne. Sous les pavés, l’herbe folle ?